La Volonté, l'Art et le piège des impulsions de l'esprit

La Volonté, l'Art et le piège des impulsions de l'esprit

commentaires (discuter), écrit par : Victor Grouchko

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Cet article va parler d'un état qui a dû frapper à mon avis toute personne souhaitant créer. Celui qui se manifeste après une période de paresse, avec au commencement une pulsion géniale pour créer, immédiatement contrecarrée par l'envie de réaliser une tâche inhabituelle comme sortir en pleine nuit marcher ou faire le ménage, rêvasser, se laisser aller aux énergies de nos idées et au final : ne rien faire. Laissant ainsi nos plus belles inspirations lettres mortes, dévorées par une procrastination bien déguisée !

Ah la procrastination...cette cruelle ennemie qui nous empêche de réaliser de nombreuses choses dans notre existence. Si elle n'était pas là, assurément nous évoluerions beaucoup plus vite, en agissant plus régulièrement pour satisfaire à nos desseins. Mais la procrastination n'est peut être après tout que l'un des masques du mental, de notre soumission à l'Homme impulsif, tel qu'il est décrit peut être en des termes par Papus.

Cet article est né de la lecture du Traité Méthodique de Magie pratique, qui traite des Obstacles au développement magiques, dont font partie les réactions de l'Être impulsif. Et le récit de l'auteur m'a rappelé de manière brutale ce que je vis très souvent. Alors voici mon analyse.

Homme impulsif et Homme de volonté

Derrière ce concept d'Être ou 'dHomme impulsif un peu trop rigoriste à mon goût, on trouve tout simplement nos habitudes qui dénaturent tous nos actes ou nos gestes réflexes, qui nous font agir sans réflexion ni volonté. La société de consommation, de par le travail principalement salarié, poussant à répéter les mêmes tâches comme une machine, les me(r)dias et la publicité flatte constamment nos envies impulsives.

Ce que Papus appelle l'Être ou d'Homme de Volonté s'y oppose, par une attitude réfléchie, maîtrisant les émotions, l'esprit critique et évitant et les pièges de l'esprit qui ne supporte pas d'être dirigé par une conscience vigilante. Et derrière : la peur du vide, de la mort. C'est l'attitude du mage, du penseur, du philosophe, de l'artiste en pleine création ou de l'être éveillé, peu importe la voie qu'il a choisi. Et bien sûr l'attitude que nous cherchons à développer par l'étude de l'occultisme, les découvertes ésotériques ou les expériences spirituelles.

Je fais un lien prudent avec ce que certains appelent la Gnose, que je définirai comme un état de vacuité spirituelle (de "vide serein"), permettant d'agir en harmonie avec tous les plans de l'existence (si ce sujet trop vaste pour être évoqué par un non-connaisseur, je vous intéresse je vous recommande cet article de EzoOccult). Pour ceux qui se sont perdus en route, je trouve que l'état de gnose peut être illustré ainsi : lorsqu'on se trouve seul(e) dans une rue peu sûre, de nuit, où tous vos sens sont éveillés, concentrés et focalisés sur un seul point, représente bien assez bien ma conception de la Gnose.

Mais je m'éloigne du sujet, même si cette introduction est importante, vous le comprendrez je l'espère très vite.

Euréka ! (Et pouf...)

Procrastination et création artistique

Avez-vous connu cette superbe inspiration apparaissant de nul part et qu'il vous faut absoluement concrétiser ou noter ? Ce peut être un scénario, une curiosité intatiable sur un sujet inattendu, l'envie de jouer de la musique, ou encore une idée de projet professionnel : bref, le jus de votre génie créatif ! Je le ressens souvent moi-même, je me sens pousser des ailes, m'enthousiasmant à l'idée d'agir.

Et puis...peut être est-ce la peur d'accoucher d'une merveille trop colossale pour mon égo qui l'est déjà tout autant, mais il me prend souvent l'envie d'aller marcher. Et alors que je mets mes oreillettes pour écouter ma musique, je me plonge dans l'énergie de cette inspiration, jusqu'à la vider de sa susbtance au fil des pas. Jusqu'à que mon idée géniale de départ disparaisse parmi les rêveries.

Une autre fois, l'histoire commence de la même manière, mais excité par l'idée que je viens d'avoir, je ressens une vive impulsion d'action, me poussant à faire le ménage ou une autre activité assez idiote compte tenu du maigre intérêt qu'elle constitue à cet instant. Je choisirai bizarrement la tâche que j'avais pourtant le moins envie de faire d'ordinaire !

Enfin, même si j'arrive à écrire, à manifester cette inspiration artistique, je m'arrête en cours de route et ne rouvrirais plus jamais le cahier où débutait un très beau projet. Les projets inaboutis peuplent mes tiroirs et mes cahiers oubliés, je ne pense pas être le seul.

Je retrouve un schéma équivalent quand j'ai un besoin irrépréssible de mettre un fond de reportage anxiogène sur YouTube, de la musique, de me lever boire ou manger toutes les 5 minutes, afin d'accoucher d'un article ou de quelque chose qui me fait plaisir ! Comme si je nourrissais une sale bestiole dans ma tête qui pourrait m'empêcher de terminer.

Quelles frustrations...

L'esprit, ce tyran qui n'aime pas le vide

Derrière chacune de ces aventures inachevées, je ressens pleinement ce qu'à voulu décrire Papus : cette tendance qu'à le mental non-maîtrisé par la Volonté de fuir le vide ou les tâches qui ne donnent aucun plaisir immédiat. Quand ce n'est pas le simple mental qui fait des siennes, les émotions ne sont jamais loin : l'énergie dégagée par l'idée créative est convertie bien malgré nous en jouissance sensationnelle : dans un extase joyeux ou une mélancolie vibrante par exemple. L'imagination prend le relai et nous offre un bon tableau de l'illusion dans laquelle nous vivons.

Dans tous les cas, il y a là matière à réflexion. Et aussi à voir toute l'étendue du travail d'une vie sur notre nos pensées. Par sécurité, nous avons tendance à fuir l'effort soutenu nécessitant une concentration extrême et donc une forme de vide mentale.

Les bouddhistes comparent l'égo et le mental (profondément liés entre eux) comme un singe possédé, à qui on aurait donné de l'alcool. Plus on l'ignore et l'on essaie de le diriger, plus celui-ci fait du bruit pour ne pas cesser d'exister !

Je suis effrayé d'admettre que le silence m'est incofortable au quotidien. Et pourtant, le calme qu'il apporte est propice aux plus belles leçons et créations.

Une seule solution, développer sa volonté

Que ce soit dans notre vie quotidienne ou dans le cadre d'une action magique, il faut remettre à sa place ce tyran qu'est devenu notre esprit bruyant et nos réflexes du quotidien. Sa place ? Celui d'un outil de visualisation, de réflexion, capable d'analogies ett de manifestation de notre créativité. Point. Un outil tenu fermement par la poigne de notre volonté, développée par un peu de violence envers soi.

La prochaine fois que vous aurez une idée très inspirée : ne perdez pas de temps et accouchez-en de force, ignorant les pulsions de distractions qui vous éloigneront de sa réalisation. Agissez maintenant, sans arrêter avant d'avoir fini. Fuyez ses mondes enchantés de la rêverie d'être le créateur d'un rêve et réalisez-le à la place.

Plusieurs astuces :

  • Forcez-vous à écrire, même des bribes d'idées sans structure : il faut lancer la machine à tout prix !
  • Fixez-vous un horaire avant lequel vous vous promettez intérieurement de ne pas songer à quitter votre siège (non, on ne regarde pas les meilleures applications de timers sur votre smartphone !)
  • Préférez le silence à toute autre source de distraction. La moindre opportunité d'échapper à votre créativité sera utilisée par votre esprit.
  • Ne pensez pas aux conséquences éventuelles de votre création : vous y penserez quand elle sera terminée, laissez les fantasmes pour votre repos.

Ce type d'expérience fait partie des exercices pouvant vous aider à développer votre volonté en même temps que votre créativité. Prenez cela comme un défi. Et relevez-le !

Sur ce, bonne création ;)

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