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Auteur : Victor Grouchko
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Laissez-moi vous expliquer...

L'invocation et l'évocation sont deux procédés magiques visant à appeler et concrétiser des énergies ou des intelligences subtiles (des entités, des défunts, des anges, des démons, etc.). La différence entre ces deux termes tient plus dans la forme de manifestation des énergies appelées. Dans cet article, je vais vous expliquer la différence entre l'invocation et l'évocation.

Différence entre invocation et évocation

L'invocation vient du latin invocare (vocare signifiant appeler / vox désignant la voix) et désigne un appel par la prière. Le praticien se remet à la volonté de la force qu'il appelle. C'est une forme de magie passive. Contrairement à ce que j'ai pu lire, invoquer ne veut pas nécessairement dire appeler les énergies en soi.

L'évocation vient du latin evocare et désigne également un appel, mais dans le but de faire apparaître et d'ordonner à une force de réaliser la volonté du mage ou du sorcier. C'est une magie active. Il est question de concrétiser les énergies sur notre plan d'existence ou dans des plans subtils proches de la matière accessibles au mage.

La formalisation de cette différence entre les termes invoquer et évoquer - qui ne met pas tout le monde d'accord - est récente. Elle remonte - à ma connaissance - au XIXe siècle, qui est la période de l'âge d'or du renouveau de l'occultisme occidental, qui a vu apparaître un ésotérisme beaucoup plus intellectualisé, formalisé et théorisé (pour le meilleur comme pour le pire).

Auparavant, la nuance opérative entre les deux concepts était omise. Je n'ait d'ailleurs jamais vu une utilisation différenciée de ces termes dans les ouvrages anciens que j'ai compulsés. Contrairement à ce qui est souvent dit, les mages anciens ne complexifiaient pas systématiquement les choses et malgré une rigueur opérative qui ferait pâlir la majeure partie des praticiens d'aujourd'hui, ils savaient se laisser porter par des pratiques plus intuitives !

Le fait de considérer que l'invocation se résumerait à appeler des énergies en soi et que l'évocation serait une recherche exclusive de manifestation à l'extérieur de soi est un peu simpliste, voir fausse dans les faits. Ceux qui pratiquent régulièrement savent que la nuance n'est pas si évidente sur le terrain. En réalité, la différence entre invocation et évocation relève surtout des variétés de procédés et des rituels aux mécanismes différents. À cela, je rajouterai d'un point de vue personnel que la manière dont on densifie les énergies n'est pas la même et chaque procédé implique des précautions particulières.

De nombreux actes magiques peuvent être accomplis tantôt avec un procédé purement invocatoire et tantôt avec une méthodologie évocatoire.

Je vous invite à compulser les écrits de Georges Muchery et de Franz Bardon, pour un point de vue assez moderne, puis de lire des ouvrages comme le Picatrix pour avoir une vision plus proche de la magie médiévale.

En quoi consiste l'invocation ?

Invocation d'un esprit

Les rituels d'invocation - regroupés sous le terme magie invocatoire - sont selon moi très liés à une forme de dévotion. La prière ou l'imploration tiennent une place prépondérante dans le cérémoniel. Le praticien cherche à se placer sous les bons auspices d'une force qu'il considère comme supérieure à lui, dans le but d'obtenir ses faveurs, une intercession de sa part.

Elle représente le mieux le fait, au sein d'un cercle ou en dehors, de demander à une force d'agir pour accomplir sa volonté. C'est un acte de magie qui illustre très bien l'usage d'un intermédiaire. C'est une forme de magie finalement indirecte. Le praticien, mage ou sorcier, ne cherche pas à diriger lui-même les énergies et à intervenir de manière importante dans le procédé d'action concrète.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, un travail purement invocatoire peut mener à une manifestation physique d'une entité ou d'une force subtile intelligente, si les conditions le permettent. J'ai pu le constater moi-même et d'autres praticiens le feront de même, lors de cérémonies importantes à l'attention de certaines divinités. Mais cette concrétisation des énergies n'est à la base pas explicitement recherchée. L'entité peut très bien choisir de densifier ses énergies sur les plans inférieurs, accessibles à nos sens physiques ou subtils, pour faciliter une communication ou l'action sur les énergies du praticien.

Dans des rituels invocatoires, il n'y a pas de séparation des espaces consacrés. L'appel des énergies de l'entité se fait directement dans le cercle du mage ou du sorcier. Cela rend propices certaines communications par possession (ou incorporation), partielles ou totales, volontaires ou involontaires, heureusement (et normalement) temporaires, dans des cas extrêmes. On retrouve de telles pratiques dans le vaudou ou le chamanisme. Certains médiums utilisent de tels procédés via l'écriture automatique ou l'utilisation d'une planche ouija.

En quoi consiste l'évocation ?

Rituel d'évocation via un miroir magique

Les rituels évocatoires - ou magie évocatoire - désignent explicitement les actes magiques visant à concrétiser les énergies d'une force (archétypale par exemple) ou d'une intelligence sur les plans inférieurs (ange, démon, dieu, etc.). Le praticien recherche explicitement à (s')offrir une interaction beaucoup plus forte avec l'entité avec laquelle il veut travailler.

L'usage d'un cercle ou d'un espace cérémoniel consacré est requis pour parvenir à de telles manifestations. On y adjoint aussi un espace consacré extérieur au cercle de l'officiant, généralement un triangle évocatoire ou un cercle de confinement, qui va servir à accueillir l'entité évoquée (comme le siège d'un invité). Cette séparation des espaces est importante pour des raisons de sécurité. Dans cet espace, le praticien devra faire un travail soigneux de densification des énergies adaptées analogiquement à l'entité dont il souhaite manifester la présence.

Traditionnellement, l'évocation implique que le mage ou le sorcier possède une volonté et une stature suffisante pour contraindre une force à agir et accomplir sa volonté. Sa volonté seule ne suffit pas toujours et le praticien doit dans la majorité des cas faire appel à une force supérieure choisie avec soin, généralement avec une correspondance analogique, pour arriver à dompter certaines forces. C'est le cas notamment dans la Goétie, où l'on peut faire appel à un ange spécifique en mesure de contraindre un démon particulier.

Sauf que - précision très importante - le travail évocatoire n'est pas nécessairement un rapport de dominant dominé aboutissant à une contrainte de l'entité à agir . Et si certaines forces ne travaillent que sous la contrainte, il est impensable d'essayer de forcer la main à certaines forces.

Un sorcier ou un mage peut très bien exécuter un rituel d'évocation pour négocier, demander un service, offrir un échange de bons procédés, faire une offrande, simplement communiquer pour obtenir des informations, ou un savoir. Mais comme dans chaque rituel, le praticien veillera à rester maître de son espace, à être en mesure de se défendre (par l'usage d'un athamé ou d'une épée cérémonielle), de bannir une entité et de faire preuve d'autorité pour que celle-ci ne lui nuise pas.

Cette vision très guerrière de l'évocation, avec soumission de l'entité aux désirs du praticien, est le reflet de l'influence majeure des voies goétiques et salomoniennes en Occident. Mais ce ne sont pas les seules voies existantes. D'autres voies, notamment païennes, utilisent des procédés évocatoires, mais le rapport avec les divinités étant mêlé d'une certaine religiosité, rend improbable une volonté de domination et de contrainte de la part du mage.

Les rituels évocatoires sont connus pour être les plus complexes à réaliser. Cela vient du fait que la densification des énergies sur les plans plus proches de nous, en tant qu'êtres physiques manifestés, est difficile. Le mage ne recherche d'ailleurs pas forcément à donner un "corps physique" à l'entité, exploit à mon avis largement fantasmé, mais à tenter de la rendre accessible sur le plan astral inférieur, ou sur le plan éthérique, perceptible via les sens subtils. Il utilise le plus souvent un miroir ou un miroir noir (en verre teinté ou en obsidienne), comme un "portail" ou un téléphone.

Miroir magique pour l'évocation

L'entité peut - dans certains cas - interagir avec la matière avec aisance et parfois de manière spectaculaire (allumer une bougie, faire entendre un bruit très fort, casser ou faire léviter des objets, etc.). Ces exploits sont rendus possibles par la densification importante des énergies de l'entité dans le triangle évocatoire, ou le cercle de confinement, favorisée par le travail préparatoire du mage. À l'image d'un aquarium qu'on aurait rempli d'eau précédemment.

Invoquer ou évoquer : qu'est-ce qui est le plus dangereux ?

La majorité des personnes du milieu ésotérique vous répondront tous en coeur que les rituels évocatoires sont les plus dangereux. Pour ma part, ma réponse serait : aucun des deux. Et voici pourquoi.

Tout acte magique visant à appeler une force, une entité, une intelligence, est potentiellement dangereux. Mais le danger vient le plus souvent du praticien lui-même. Le manque de préparation, une volonté faible, l'absence de protections, un manque ou un abus de confiance en soi, un comportement irrespectueux ou prétentieux sont autant de facteurs de risque. Certaines énergies font aussi une forme de résonnance avec notre Psychée et peuvent rendre l'expérience traumatisante.

Au cours de mon parcours, tous les rituels qui se sont mal passés n'avaient rien à voir avec la force appelée. C'est toujours une erreur de ma part qui m'a mis en difficulté : des rituels faits "à l'arrache", un manque de renseignement sur l'entité évoquée, l'absence de forces solides pour me couvrir en cas de problème. Vous pouvez lire mon article sur les principales causes d'échec des rituels magiques.

Si vous respectez une méthodologie de rituel très carrée, que vous êtes bien préparé(e), que vous portez un athamé consacré, que vous utilisez la loi d'analogie pour invoquer des forces adaptées pour vous protéger en cas de problème, que vous avez les connaissances requises pour bannir l'entité et que vos intentions sont humbles pour ne pas prendre l'entité de haut - mais ne pas faire la carpette non plus, alors tout se passera bien. Vous trouverez sur mon blog un guide pour réaliser votre premier rituel magique ainsi que plusieurs méthodologies de rituels spécifiques dans la section faire un rituel.

Evidemment, certaines entités à risque (certains démons ou dieux anciens) ne s'abordent pas aussi facilement que d'autres. Cela s'explique en partie par la nature de leurs énergies, mais aussi par le manque d'informations sur les procédés qui permettaient à nos ancêtres de les appeler. Ne pouvant nous lier aujourd'hui à certains égrégores du passé, certaines communications avec les entités véritables sont impossibles sans les bonnes clés, parfois perdues au cours de l'Histoire. Vincent Lauvergne l'explique très bien dans son livre sur les égrégores.

Le procédé invocatoire, tel qu'on le définit aujourd'hui, n'est pas moins risqué que le procédé évocatoire, car l'appel des forces dans un cercle commun peut mener à une forme d'envahissement et de perte de contrôle. Mon expérience personnelle m'a appris que les transes, les pertes de conscience ou de contrôle de soi, s'étaient produites pendant des rituels d'invocation. Cette promiscuité entre les énergies personnelles et celles que l'on appelle n'est pas permise par l'utilisation d'un espace séparé en magie évocatoire.

Ainsi, il y a des forces que j'invoque volontiers - que je considère comme de confiance - et d'autres que je n'appellerais que via des procédés évocatoires, volontairement bridés. De la même manière que l'on n’évoque pas n'importe quoi, il faut également avoir la même exigence pour ce que l'on invoque.

La densification importante des énergies dans les travaux évocatoires présente un risque dans le cas où le confinement est rompu. Cela ne devrait pas arriver en respectant les règles de la tradition qui - si elle est sérieuse - vous permettront de créer des cercles et triangles évocatoires robustes. On retrouve souvent autour des triangles évocatoires certains noms divins, des noms d'entités ou des symboles de protection puissants à cette fin.

Conclusion

La différence entre l'évocation et l'invocation est surtout une affaire de procédé, de méthode. L'un n'est pas plus ou moins dangereux que l'autre si le praticien néglige des règles élémentaires de prudence. Je rappelle l'importance de l'acquisition de connaissances théoriques avant de chercher à travailler avec des entités. Les techniques de bases comme le bannissement, la consécration des outils rituels (comme l'athamé), la construction d'un cercle sont des prérequis à la pratique.

Je vous invite toutefois à essayer tantôt la magie invocatoire, tantôt la magie évocatoire, afin de constater que la nuance entre les deux n'est parfois pas si évidente que sur papier. Il est nécessaire de sortir des débats intellectuels pour passer plus de temps dans l'occultum, sur le terrain, car rien ne vaut la pratique pour se faire sa propre idée sur ce qu'on a lu ou entendu !

Si vous envisagez des rituels de cet ordre, avec un travail avec des intelligences extérieures, je vous conseille de commencer par des entités plus simples à aborder comme les élémentaires. Même s'il ne faut pas les sous-estimer, il est préférable de commencer par des entités proches du plan matériel, que de chercher à contacter des entités plus imposantes qui en plus d'être plus difficiles à manifester ou à contacter, peut être plus dangereux pour le praticien sans avoir assez de bouteille.

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L'auteur

Je suis occultiste et blogueur, passionné par l'ésotérisme depuis plus de 10 ans. Mes articles sont basés principalement sur des sources traditionnelles d'auteurs classiques et reconnus de l'ésotérisme occidental. Mes pratiques magiques tournent autour des rituels avec les sphères planétaires, de l'écriture magique et de la création d'entités.

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